Vous le savez, les notifications sur Android c'est devenu n'importe quoi. Entre les promos, les rappels débiles et les alertes dont vous n'avez strictement rien à foutre, votre téléphone vibre plus qu'un marteau-piqueur ou que le jouet préféré de votre sœur. Et les options natives d'Android pour gérer tout ça ? Bof, c'est du tout ou rien.
Bref, c'est là qu'arrive DoNotNotify, un petit pare-feu pour vos alertes qui fait exactement ce que son nom indique.
Ça vous permet de créer des règles pour bloquer ce qui vous gonfle, et vous gardez ce qui compte vraiment. Vous pouvez ainsi filtrer par application, par mots-clés dans le contenu du message, ou même utiliser des expressions régulières pour les plus geeks d'entre vous. Du coup, fini les popups "Profitez de -20% !" toutes les 5 minutes pendant que vous essayez de vous concentrer sur vos orteils pour la méditation guidée.
Et le truc vraiment cool, c'est le système de whitelist/blacklist. Vous pouvez mettre une app en mode "je bloque tout sauf les messages urgents" ou au contraire "je garde tout sauf ce spam précis". Hop, vous configurez ça une fois et c'est réglé.
L'interface de création de règles - sobre et efficace
L'autre point qui m'a bien plu, c'est que l'app garde un historique de TOUTES vos alertes, y compris celles que vous avez bloquées. C'est super pratique si vous avez un doute et que vous voulez vérifier que vous n'avez pas loupé un truc important.
L'historique des notifications bloquées - rien ne vous échappe
Côté vie privée, c'est du béton. Tout se passe en local sur votre téléphone, zéro serveur externe, zéro tracking, zéro pub. L'app ne collecte aucune donnée personnelle, ce qui est plutôt rare pour une app gratuite et d'ailleurs, si le sujet vous intéresse, j'avais parlé d'
Oversec pour chiffrer vos messages Android
, c'est dans la même philosophie.
Pour l'installer,
direction le Play Store
ou tapez simplement "DoNotNotify" dans le champs de recherche. L'app pèse que dalle et ne bouffe pas de batterie en arrière-plan.
Seul bémol, les notifications "Live Update" d'Android ne peuvent pas être bloquées (c'est une limitation système) et l'app vous prévient avec une petite icône quand c'est le cas.
Voilà de quoi enfin retrouver un peu de sérénité sur votre smartphone !
Vous voulez protéger vos enfants sur internet ? Cool. Préparez-vous à configurer 17 paramètres sur la Nintendo Switch, 29 réglages différents pour Minecraft (sur un site web séparé, évidemment), et à lire 572 articles de blog pour comprendre comment fonctionne le téléphone "sécurisé" que vous venez d'acheter.
Bienvenue dans le monde merveilleux de la protection parentale.
Un développeur américain, Chris Ferdinandi, vient
de publier un constat qui résume parfaitement la situation
. Il raconte comment son fils s'est retrouvé ajouté à un groupe de discussion GroupMe par un parfait inconnu, sans aucune vérification. L'application avait été installée via le compte familial, donc techniquement "approuvée". Sauf que le gamin de 12 ans pouvait maintenant recevoir des messages de n'importe qui sur la planète.
Et là, vous vous dites "ah mais y'a forcément un paramètre pour ça". Oui. Quelque part bien planqué dans un sous-menu. D'une autre application évidemment, sinon, ce serait trop facile. Et c'est accessible uniquement depuis le navigateur web du téléphone de l'enfant. Ou le vôtre. Ou les deux. Bonne chance pour le découvrir !
Et ce que dit Chris dans son article, c'est que ce n'est pas un accident de conception. C'est un choix délibéré.
La FTC américaine (l'équivalent de notre DGCCRF) a commencé à taper du poing sur la table. Par exemple, Epic Games a dû cracher 520 millions de dollars fin 2022 pour un combo COPPA + dark patterns dans Fortnite (dont 245 millions rien que pour les dark patterns).
Y'a aussi Disney qui a pris 10 millions d'amende pour violation de la vie privée des enfants. Et plusieurs États américains comme le Connecticut, le Montana et le Nebraska ont adopté des lois spécifiques pour interdire ces manipulations qui ciblent les mineurs. Même l'Union européenne s'y met avec le Digital Services Act qui impose de nouvelles obligations.
Mais pendant que les régulateurs jouent au chat et à la souris avec les géants de la tech, les parents sont coincés avec des systèmes de
protection de la vie privée des enfants
qui ressemblent à des usines à gaz soviétiques.
Prenez l'app Temps d’Écran d'Apple. Sur le papier, c'est génial mais en pratique, des experts en sécurité et sites spécialisés ont documenté au moins une demi-douzaine de méthodes de contournement bien connues. Votre gamin peut changer le fuseau horaire de l'appareil pour gagner quelques heures. Il peut utiliser Siri pour ouvrir des applications bloquées. Les widgets iMessage permettent d'accéder à du contenu normalement restreint. Et le grand classique : la réinitialisation d'usine qui efface toutes les restrictions d'un coup.
Sans parler des navigateurs intégrés dans les applications qui permettent de surfer même quand Safari est désactivé.
YouTube Kids, c'est encore mieux puisque Google nous promet un environnement "sûr et adapté". Sauf que des chercheurs ont retrouvé des vidéos violentes, des contenus à caractère sexuel, et des publicités manipulatrices qui passaient à travers les filtres.
L'algorithme, conçu pour maximiser le temps d'écran (et donc les revenus publicitaires), recommande parfois du contenu problématique sous prétexte qu'il "ressemble" à ce que l'enfant aime regarder (au hasard : des nichons ^^).
Et là, accrochez-vous.
Car des études scientifiques récentes commencent à montrer que les restrictions numériques strictes peuvent être...
contre-productives
. Des recherches publiées dans des revues de psychologie ont trouvé que les enfants soumis à des contrôles parentaux stricts développaient en fait PLUS de comportements à risque en ligne. Alors pourquoi Jamy ? Hé bien Fred, parce que le système repose sur la méfiance plutôt que l'éducation. Les gamins apprennent ainsi à contourner plutôt qu'à comprendre et le jour où ils ont enfin un accès libre (parce que oui, ce jour arrive forcément), ils n'ont aucune compétence pour naviguer de manière responsable.
C'est le paradoxe ultime ! On essaie de protéger nos enfants avec des outils qui les rendent potentiellement plus vulnérables.
Je pense que le vrai problème après, c'est qu'on a vendu aux parents l'idée que la technologie pouvait remplacer l'éducation. "Installez cette application et dormez tranquille." Sauf que ça ne marche pas comme ça.
Gabb
, un fabricant de téléphones "sécurisés" pour enfants, propose des centaines d'articles de blog et un peu moins d'un millier d'applications pré-approuvées. C'est du délire ! Aucun parent n'a le temps de lire tout ça en plus de son boulot, de la gestion du quotidien et des devoirs de maths du petit dernier.
Le système est donc conçu pour échouer. Ou plutôt, il est conçu pour que vous achetiez le prochain gadget "encore plus sécurisé", le prochain abonnement premium "avec surveillance avancée", ou la prochaine application "approuvée par des experts". C'est un business model, pas une solution éducative.
Ce qui fonctionne vraiment, d'après les études ? La communication.
Hé oui, il faut se retrousser les manches et expliquer pourquoi certains contenus sont problématiques plutôt que simplement les bloquer. Être présent quand le gamin découvre internet plutôt que déléguer à un algorithme. C'est moins sexy qu'un logiciel à 9,99€ par mois, mais c'est tellement plus efficace !
Bref, si vous voulez vraiment protéger vos enfants en ligne, la première étape c'est peut-être d'arrêter de croire que les outils de surveillance vont faire le taf à votre place. Car maintenant, on le sait, ils sont conçus pour vous donner l'illusion du contrôle, générer du fric et surtout pas pour éduquer.
Et ça, aucune mise à jour logicielle ne va le changer.