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ASML, la boite hollandaise qui tient le monde tech en otage

400 millions de dollars. C'est le prix d'une seule de ces machines et y'a qu'une seule entreprise au monde capable de les fabriquer. Cette boîte hollandaise dont vous n'avez probablement jamais entendu parler s'appelle ASML, et elle tient littéralement l'industrie tech mondiale par les roustons.

L'intérieur d'une machine de lithographie EUV d'ASML - Crédit : ASML

Faut que je vous explique pourquoi c'est complètement dingue. Ces machines de lithographie EUV (pour Extreme Ultraviolet), c'est ce qui permet de graver les puces les plus avancées de la planète. Sans elles, pas de processeurs dernière génération, pas d'iPhone, pas de GPU pour faire tourner vos IA préférées. Bref, le monde moderne s'arrête !

Et ce qui est incroyable c'est comment ça fonctionne. La machine balance des lasers sur des gouttelettes d'étain minuscules (de la taille d'un globule blanc) qui filent à 250 km/h. Et attention, elle tape pas une fois sur chaque gouttelette, mais TROIS fois d'affilée en 20 microsecondes. 50 000 gouttelettes par seconde. 150 000 tirs laser par seconde. Et ils n'en ratent jamais un seul. Quand les ingénieurs d'ASML disent "we don't miss", c'est pas de la vantardise mal placée de mecs de base, c'est juste la réalité.

Chaque gouttelette est chauffée à plus de 220 000 Kelvin. Pour situer, c'est environ 40 fois plus chaud que la surface du Soleil. On parle littéralement de créer un petit soleil artificiel sur Terre pour produire cette lumière ultraviolette extrême à 13,5 nanomètres de longueur d'onde.

Et les miroirs à l'intérieur de ces machines sont probablement les objets les plus lisses de l'univers. Si vous agrandissiez un de ces miroirs à la taille de la Terre, la plus grosse bosse serait plus fine qu'une carte à jouer. Ces miroirs permettent de superposer les couches d'une puce avec une précision de 5 atomes et tout ça se fait pendant que certaines parties de la machine bougent à des accélérations de plus de 20 G.

L'histoire d'ASML est d'ailleurs assez chouette à connaître. La boîte a été créée dans les années 80 comme spin-off de Philips, dans une petite ville des Pays-Bas, avec pas grand-chose à part une équipe de passionnés. Pendant 30 ans, tout le monde dans l'industrie pensait que la lithographie EUV était impossible. Les entreprises américaines ont toutes abandonné une par une et seul ASML a continué à y croire, en bossant avec leur partenaire allemand Zeiss pour les miroirs.

Et aujourd'hui, cette petite boîte hollandaise a un monopole mondial absolu. 0 concurrent c'est fort quand même. Si vous voulez fabriquer des puces en dessous de 7 nanomètres, vous passez par ASML ou vous passez votre chemin. C'est aussi simple que ça.

Perso, je trouve ça fou de voir qu'une technologie aussi critique pour notre monde repose sur une seule entreprise. C'est à la fois un exploit technologique absolument démentiel et un point de vulnérabilité stratégique pour toute l'industrie. Mais bon, quand on voit le niveau d'ingénierie nécessaire pour faire fonctionner ces bêtes, on comprend pourquoi personne d'autre n'a réussi à suivre.

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X dégringole en France - Elon Musk va bientôt se retrouver tout seul avec ses fachos

Vous vous souvenez de mon article sur la machine à désinformation qu'est devenu X ? Et bien j'ai une bonne nouvelle pour vous :** les Français commencent enfin à se barrer de ce cloaque numérique !! Woohoo \o/ !**

En effet, Médiamétrie vient de sortir les chiffres de novembre 2025 et c'est un massacre pour le réseau social d'Elon. Pour la première fois depuis 2017, X ne figure plus dans le top 50 des marques les plus visitées en France. Le réseau social qui devait "révolutionner la liberté d'expression" (mdrrrr) se retrouve maintenant derrière Dailymotion, Allociné et même Yahoo. YAHOO putain !!! Le site que plus personne n'utilise depuis 15 ans fait mieux que le joujou à 44 milliards de Musk.

En novembre, X comptabilisait 14,4 millions de visiteurs uniques en France. C'est le même niveau que Reddit et pendant ce temps, Facebook et Instagram font trois fois plus d'audience et même LeBonCoin fait deux fois mieux. Le roi autoproclamé de la "free speech" se fait doubler par un site de petites annonces pour vendre des canapés d'occaz, c'est couillon quand même.

Et j'avoue, ça me fait plaisir. Parce que X c'est devenu quoi au juste ? Un repaire à fachos, à complotistes et à bots russes qui se refilent leurs fake news préférées en boucle. Un endroit où l'engagement prime sur la vérité, où les Community Notes arrivent 75 heures trop tard (quand elles arrivent...), et où le système de monétisation récompense littéralement ceux qui propagent de la merde. Souvenez-vous de l'attentat de Sydney où un innocent s'est fait menacer de mort parce que des abrutis cherchaient du clic facile...

Moi j'ai quitté tout ça. X, Facebook, Mastodon, Bluesky... Tous ces réseaux sociaux toxiques où on passe son temps à se foutre sur la gueule et je m'en porte mille fois mieux. Plus de notifications anxiogènes, plus de fils d'actualité conçus pour maximiser et cristalliser les colères, plus de cette économie de l'attention qui nous transforme tous en zombies.

Et visiblement je suis pas le seul à avoir eu cette illumination puisqu'en Europe, l'usage de X a chuté de 10 à 40% selon les pays. Les annonceurs continuent de fuir (qui a envie de voir sa pub à côté d'un tweet négationniste ?) et Musk a viré 80% de ses employés, passant de 7500 à 1500 personnes... donc y'a plus personne pour modérer quoi que ce soit.

Alors maintenant tous ces beaufs vont pouvoir rester entre eux à se branler la nouille sur leurs théories du complot préférées et ils vont pouvoir se persuader mutuellement que le Grand Remplacement c'est vrai, que les vaccins rendent autiste, et que Taylor Swift est une psy-op de la CIA. Grand bien leur fasse. Pendant ce temps, le reste du monde aura déserté leur petit club de losers et la vie continuera sans eux.

Vivement que X.com disparaisse dans les limbes de l'Internet, rejoindre MySpace et Google+ au cimetière des réseaux sociaux has-been. Ce sera bien mérité parce qu'il n'y a plus rien à sauver là bas.

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Quand Pékin traque ses dissidents avec de la tech made in Silicon Valley

Vous pensiez que les technologies de surveillance chinoises étaient 100% chinoises ? Hé bien pas du tout. Une enquête passionnante d’AP vient de révéler que le gouvernement chinois utilise massivement des logiciels américains pour traquer ses propres citoyens, y compris ceux qui ont fui aux États-Unis.

L’histoire de Li Chuanliang est assez flippante. Cet ancien fonctionnaire chinois était en convalescence d’un cancer sur une île coréenne quand il a reçu un appel urgent lui disant de ne surtout pas rentrer en Chine. Quelques jours plus tard, un inconnu le prend en photo dans un café. Terrorisé à l’idée que la Corée du Sud le renvoie chez lui, Li s’enfuit aux États-Unis avec un visa touristique et demande l’asile.

Mais même là-bas, à New York, en Californie, au fin fond du désert texan, le gouvernement chinois a continué à le traquer. Ses communications ont été surveillées, ses biens saisis, ses déplacements suivis dans des bases de données policières. Et le pire, c’est que plus de 40 de ses proches ont été identifiés et détenus, y compris sa fille enceinte. Comment est-ce qu’ils ont fait ? Hé bien via différente méthodes, donc une qui consiste à remonter toutes les interactions humaines jusqu’aux chauffeurs de taxi grâce à la reconnaissance faciale.

Et c’est là que ça devient vraiment dingue car la techno utilisée pour contrôler les fonctionnaires chinois à l’étranger depuis une décennie vient en grande partie de la Silicon Valley. Des boîtes comme IBM, Oracle et Microsoft ont vendu leurs logiciels au Bureau d’Investigation des Crimes Économiques chinois.

IBM a notamment vendu son logiciel de surveillance i2 à cette division et des emails qui ont fuité montrent que ce même logiciel a été copié par Landasoft, un ancien partenaire d’IBM, puis revendu aux commissions disciplinaires chinoises. Le truc incluait des fonctions comme la “gestion des personnes associées” et le tracking des réservations d’hôtel.

Et les chiffres donnent le vertige car rien que l’année dernière, cette techno a permis d’identifier et de “punir” près de 900 000 fonctionnaires en Chine, soit presque 5 fois plus qu’en 2012. Et à l’international, plus de 14 000 personnes, dont environ 3 000 fonctionnaires, ont été ramenées de force en Chine depuis plus de 120 pays via les opérations “ Fox Hunt ” et “ Sky Net ”.

IBM a bien précisé qu’ils ont revendu cette division en 2022 et qu’ils ont des “processus robustes” pour garantir une utilisation responsable mais bon, oausi c’est un peu tard les gars.

Maintenant, pour Li, l’avenir est incertain car l’administration Trump a gelé toutes les demandes d’asile. Du coup, s’il ne rentre pas en Chine, il risque un procès par contumace et s’il est condamné et expulsé, c’est la prison à vie qui l’attend.

Bref, la prochaine fois qu’on vous parle de surveillance chinoise, n’oubliez pas d’où viennent les outils.

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