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Windows Update : 10 ans de bugs et de promesses non tenues — état des lieux de Windows 10 à Windows 11

Depuis l’arrivée de Windows 10 en 2015, Microsoft a profondément transformé la manière dont son système d’exploitation évolue. Le modèle Windows as a Service a remplacé les versions ponctuelles par un flux continu de mises à jour mensuelles (correctifs de sécurité) et de mises à jour annuelles ou semi-annuelles (fonctionnalités). L’objectif annoncé était clair : rendre Windows plus sûr, plus réactif, mieux maintenu… et surtout plus fiable.

Pour atteindre cette fiabilité promise, Microsoft affirmait avoir renforcé ses équipes de test, amélioré sa télémétrie, multiplié les scénarios d’essai et instauré de nouveaux mécanismes de protection comme les Safeguard Holds, censés bloquer automatiquement les mises à jour problématiques. Après le fiasco de Windows 10 version 1809 — qui avait supprimé des fichiers personnels — l’éditeur s’était même engagé à revoir entièrement son pipeline de validation.

Pourtant, dix ans plus tard, le constat est sans appel : les incidents liés aux mises à jour restent nombreux, et les régressions touchent désormais des composants essentiels de Windows 11, parfois au cœur même du système (Explorer.exe, recherche SMB, performances GPU, BitLocker, interface utilisateur). Malgré les progrès internes, la stabilité réelle des patchs reste un sujet de préoccupation pour les utilisateurs comme pour les professionnels.

Dans cet article, nous revenons en détail sur :

  • les incidents majeurs recensés depuis Windows 10 jusqu’à Windows 11 ;
  • leur évolution chronologique et leur gravité ;
  • un graphique synthétique permettant de visualiser la tendance sur dix ans ;
  • les raisons techniques de ces régressions ;
  • les effets concrets pour les particuliers, les entreprises et les environnements professionnels ;
  • et les pistes indispensables pour améliorer durablement la qualité des mises à jour Windows.

Une analyse essentielle pour comprendre comment, malgré des promesses répétées, Microsoft peine encore à offrir des mises à jour réellement stables.

Incidents majeurs de mises à jour (Windows 10 → Windows 11)

Ces tableaux recensent les plus gros bugs, ceux qui ont :

  • provoqué des pertes de données,
  • cassé des fonctionnalités essentielles (Start Menu, Explorer, SMB),
  • provoqué des BSOD massifs,
  • touché l’impression, le réseau, les pilotes critiques,
  • ou nécessité l’arrêt du déploiement par Microsoft.

Ce sont les bugs les plus marquants, mais pas tous les incidents.

Windows 10 — cycle 2015 → 2021

AnnéeVersionKB / Mise à jourProblème rencontréImpactCommentaire
20151507 (RTM)KB3074683Plantages d’Explorer.exe et impossibilité d’accéder à certaines DLLUsage normal perturbéPremière alerte majeure sur la fiabilité du nouveau modèle « Windows as a Service ».
20161511KB3124200Échecs d’installation répétés, redémarrages en boucleParc professionnel impactéDébut des critiques sur la qualité du pipeline de test interne.
20161607 (Anniversary Update)KB3176934Problème avec carte réseau (perte du pilote)PC sans Internet après rebootIncident massif en entreprise.
20171703KB4038788Augmentation CPU + freeze sur certains PCUsage impossibleProblème lié au service Windows Update.
20171709KB4041676Menu Démarrer cassé + BSODUsage grand public affectéL’un des patchs « les plus retirés » cette année-là.
20181803KB4103721PC bloqués sur un écran noirRedémarrage impossibleMicrosoft a officiellement mis en pause le déploiement.
20181809 (REDSTONE 5)Version 1809 initialeSuppression de fichiers utilisateurs : Documents, Images, etc.Perte de données irréversiblePlus gros scandale de l’histoire de Windows Update récent. Déploiement retiré 48h après lancement.
20191903KB4512941Utilisation CPU à 30–40 % causée par CortanaPC ralentiBug long à corriger, très médiatisé.
20191903KB4515384Problème audio, drivers Realtek cassésJeux / vidéos inutilisablesPremière vague de retours liés au pipeline audio.
20202004KB4557957Freeze, BSOD, crash audioTrès fort impactMicrosoft conseille d’éviter la mise à jour sur certains PC.
20202004KB4549951Écran bleu + perte BluetoothRéseaux pro bloquésProblème persistant sur plusieurs semaines.
202120H2KB5000802BSOD lors d’impression (PrintNightmare précoce)Entreprises immobiliséesDéclenche l’un des plus gros correctifs d’urgence.
202121H1KB5003214Bug sur icônes de la barre de tâchesUI briséeCorrigé tardivement.

Windows 11 — cycle 2021 → 2025

AnnéeVersionKB / Mise à jourProblème rencontréImpactCommentaire
202121H2 (release initiale)KB5006674Bug Bluetooth + réseau instableImpact légerPremière vague de problèmes Windows 11.
202222H2KB5017389Menu Démarrer ne se charge plusProblème très répanduMicrosoft confirme problème dans les installations « provisioning ».
202322H2KB5022913Explorateur très lent, CPU élevéIrritation généralePlusieurs correctifs successifs nécessaires.
202423H2KB5032288Échecs d’installation + ralentissementsImpact moyenTendances aux patchs instables en fin d’année.
202524H2 / 25H2KB5068861Échec installation, recherche SMB cassée, baisse des performances sur portablesImpact professionnel majeurL’une des mises à jour les plus problématiques de Windows 11.
202524H2 / 25H2KB5066835Perte de performances en jeu, ralentissements systèmeImpact jeux + créateursNvidia publie un pilote spécial pour corriger les pertes de FPS.
202524H2 / 25H2Divers correctifs d’urgenceDéclenchement de la récupération BitLockerBloque des PC au démarrageMicrosoft doit publier un correctif exceptionnel.
2025WinREKB5070762Périphériques USB non détectés dans WinREEmpêche les réparations systèmeCorrectif d’urgence diffusé hors cycle.
2025 (fin)Windows 11 fonctions cœurBug généralisé UI : Démarrer, barre des tâches, explorer, paramètresPlantages massifs pour installations non persistantes (VDI, entreprises)Microsoft admet que presque toutes les fonctions clés peuvent être affectées.

Analyse du graphique : l’évolution des bugs majeurs Windows Update de 2015 à 2025

Le graphique ci-dessus illustre l’évolution approximative du nombre de bugs majeurs liés aux mises à jour Windows entre 2015 (Windows 10) et 2025 (Windows 11).

Il illustre une courbe de tendance, basée sur l’ensemble :

  • des incidents significatifs,
  • des régressions reconnues publiquement,
  • des problèmes d’installation,
  • des défaillances de pilotes,
  • des dysfonctionnements réseau ou d’interface,
  • même si ce ne sont pas des catastrophes comme la 1809.

Bien que les valeurs soient issues d’une synthèse qualitative, la tendance générale est suffisamment claire pour dégager une conclusion nette.

L’évolution des bugs majeurs Windows Update de 2015 à 2025

Une période relativement stable sous Windows 10 (2015–2018)

Les premières années du modèle « Windows as a Service » montrent un niveau de problèmes relativement faible :

  • 1 à 2 incidents majeurs par an,
  • souvent liés à des pilotes réseau, des freeze ponctuels ou des bugs d’installation,
  • avec comme exception notable l’incident catastrophique de Windows 10 version 1809 (suppression de fichiers utilisateurs).

Globalement, les problèmes existent, mais ils restent circonscrits à certains matériels ou configurations.

Montée progressive des incidents autour de 2019–2021

À partir de 2019, plusieurs facteurs contribuent à une augmentation :

  • multiplication des versions (1903, 1909, 2004, 20H2…),
  • changements importants dans l’architecture (Cortana, indexation, impression, audio),
  • patchs de sécurité de plus en plus lourds.

On observe une montée vers 3 à 4 incidents majeurs par an, dont certains très visibles (Cortana CPU à 40 %, bug PrintNightmare, drivers audio cassés…).

Windows 11 (2021–2025) : moins de versions, mais beaucoup plus de problèmes critiques

Contrairement à Windows 10, Windows 11 ne reçoit pas des dizaines de builds.
Pourtant, les incidents deviennent :

  • plus nombreux,
  • plus graves,
  • plus centrés sur les fonctions cœur du système.

Exemples récurrents :

Le graphique montre une montée jusqu’à 5 à 6 incidents majeurs par an à partir de 2022–2025.

Conclusion : la courbe augmente, et les bugs deviennent plus critiques

L’analyse visuelle permet d’affirmer que :

La fréquence globale des incidents a augmenté depuis 2015.

Le nombre de bugs sérieux est aujourd’hui environ 3 fois plus élevé qu’au lancement de Windows 10.

Leur gravité est plus importante sous Windows 11.

Les problèmes touchent désormais :

  • la sécurité,
  • le démarrage (BitLocker, WinRE),
  • l’interface centrale,
  • les performances GPU,
  • le réseau (SMB),
  • l’installation elle-même.

Malgré les promesses historiques de Microsoft, le résultat ne montre pas de stabilisation.

Les outils de communication (Release Health, Safeguard Hold) ont été améliorés, mais la qualité réelle des mises à jour semble s’être dégradée.

Chronologie du nombre de bugs Windows Update de 2015 à 2025

Ce que Microsoft avait promis… et ce qui s’est réellement passé

Lorsque Windows 10 a inauguré le modèle Windows as a Service, Microsoft avait assuré que les nouvelles méthodes de développement et de déploiement rendraient les mises à jour plus fiables, mieux testées et moins risquées pour les utilisateurs. Après plusieurs incidents majeurs, dont le très médiatisé bug de la mise à jour 1809 qui supprimait des fichiers personnels, l’entreprise avait même annoncé une refonte profonde de son pipeline qualité.
Voici les quatre engagements clés de Microsoft… et ce qu’ils ont donné en pratique.

Des tests plus rigoureux et un pipeline de validation renforcé

Ce que Microsoft promettait :

  • Multiplier les scénarios de tests internes.
  • Renforcer les équipes qualité après le scandale 1809.
  • Utiliser la télémétrie du parc Windows pour détecter les problèmes avant le déploiement global.
  • S’appuyer fortement sur les builds Insider pour repérer les régressions.

Réalité 10 ans plus tard :

Malgré ces changements, plusieurs mises à jour Windows 11 ont encore introduit :

  • des plantages d’Explorer.exe,
  • des menus Démarrer non fonctionnels,
  • des régressions réseau (SMB, HTTP.sys),
  • des problèmes de performance GPU,
  • des bugs d’installation récurrents.

Les tests internes existent bel et bien, mais l’écosystème Windows — matériel, pilotes, firmwares, logiciels — est tellement vaste que certaines combinaisons passent toujours entre les mailles du filet.

Les “Safeguard Holds” pour bloquer automatiquement les mises à jour à risque

Ce que Microsoft promettait :

Introduits en 2019, les Safeguard Holds étaient censés empêcher l’installation d’une mise à jour connue comme problématique sur certaines configurations.
En théorie, si un bug était identifié chez quelques utilisateurs, Windows Update devait automatiquement stopper le déploiement vers tous les PC similaires.

Réalité :

Les Safeguard Holds fonctionnent… mais de manière trop tardive.
Dans plusieurs cas récents :

  • des patchs Windows 11 ont cassé SMB,
  • ont déclenché BitLocker au démarrage,
  • ou ont entraîné des pertes de performances avant que le blocage ne soit appliqué.

Autre problème : beaucoup d’utilisateurs contournent involontairement les Safeguard (ISO, outils manuels, Windows Update forcé), ce qui limite leur efficacité.

Une meilleure communication sur les incidents et les régressions

Promesse :

Microsoft a annoncé vouloir être plus transparent, notamment via les portails :

  • Windows Release Health : C’est le portail officiel de Microsoft dédié à l’état de santé des versions de Windows,
  • Known Issues : La section « Known Issues » (Problèmes connus) liste tous les bugs que Microsoft a officiellement reconnus, pour chaque version de Windows et chaque mise à jour,
  • Health Status Dashboard : Un tableau de bord complémentaire qui regroupe les problèmes de mises à jour et leurs blocages

Ces pages devaient recenser rapidement :

  • les bugs confirmés,
  • les mises à jour à éviter,
  • les contournements recommandés.

Réalité :

La communication s’est améliorée… mais elle reste souvent réactive, jamais proactive.
Dans les faits :

  • de nombreux problèmes ne sont reconnus qu’après plusieurs jours ou semaines,
  • certains incidents restent flous (« certains appareils peuvent rencontrer… »),
  • les contournements proposés ne sont pas toujours efficaces.

Les utilisateurs apprennent souvent l’existence d’un bug via des forums, réseaux sociaux ou sites spécialisés avant la communication officielle.

L'architecture de Windows Update pour détecter et bloquer les misesà  jour qui posent problème

Une fiabilité accrue grâce à l’IA et à l’analyse de télémétrie

Promesse :

À partir de Windows 11, Microsoft a beaucoup mis en avant l’usage de l’IA pour :

  • détecter automatiquement des pannes,
  • adapter la diffusion des patchs,
  • identifier les configurations sensibles.

Réalité :

Les données télémétriques améliorent effectivement la visibilité de Microsoft, mais :

  • les bugs de pilotes GPU restent fréquents,
  • les incidents réseau SMB reviennent régulièrement,
  • les échecs d’installation (0x800F…) persistent depuis Windows 10,
  • certaines régressions majeures (Explorer.exe, Start Menu, BitLocker) montrent que l’IA ne repère pas les cas critiques avant le déploiement public.

La télémétrie aide Microsoft… mais ne remplace pas un vrai cycle de tests exhaustifs.

Suspendre Windows Update

Quel bilan ?

Après dix années d’évolution du modèle Windows as a Service, le constat est nuancé. Sur le papier, Microsoft a réellement renforcé ses processus internes : plus de télémétrie, davantage de tests, meilleure communication via « Release Health » et « Known Issues », déploiements plus progressifs, et mécanismes de blocage comme les Safeguard Holds. L’éditeur affirme d’ailleurs que Windows 11 24H2 serait « la version la plus fiable à ce jour », avec une baisse mesurée de 24 % des redémarrages inattendus par rapport à Windows 10 22H2.

Cependant, dans la pratique, l’expérience utilisateur raconte une histoire différente.

Les bugs « majeurs » restent fréquents, et surtout plus critiques qu’à l’époque de Windows 10 :

  • régressions réseau (SMB),
  • performances GPU dégradées,
  • Explorer.exe et Start Menu instables,
  • problèmes de BitLocker au démarrage,
  • pilotes cassés,
  • échecs d’installation persistants (0x800F…).

Ces incidents ne concernent plus seulement des éléments secondaires : ils touchent désormais des composantes essentielles du système, avec des conséquences directes pour les particuliers comme pour les professionnels.

Autrement dit, la fiabilité s’améliore sur certains indicateurs techniques, mais la gravité des bugs augmente, et la tolérance des utilisateurs diminue. À mesure que Windows devient plus complexe et plus interconnecté (pilotes avancés, virtualisation, sécurité renforcée, matériel très varié), les risques d’incompatibilité croissent mécaniquement.

Ainsi, malgré une volonté visible de faire mieux, la réalité est que :

  • Microsoft communique mieux,
  • détecte plus vite,
  • corrige plus rapidement…

…mais n’empêche toujours pas efficacement les régressions critiques d’arriver sur les machines finales.

Le bilan global est donc paradoxal : des outils plus modernes, des processus plus sérieux, mais un environnement technique beaucoup plus risqué.
Ce qui explique pourquoi, du point de vue utilisateur, la sensation d’aggravation est réelle, même si l’éditeur affirme avoir « objectivement » amélioré la stabilité.

Promesse de MicrosoftCe qui a réellement changéNiveau de tenue
Tests renforcésAméliorés, mais régressions toujours présentes⭐⭐⭐☆☆
Programme Insider plus utileOui, mais les bugs majeurs passent encore⭐⭐☆☆☆
Safeguard HoldsFonctionnent, mais parfois trop tard⭐⭐☆☆☆
Transparence accrueOui, documentation meilleure⭐⭐⭐⭐
Isolation des composantsEn progrès, mais insuffisant⭐⭐⭐☆☆
Fiabilité générale amélioréeDébat selon les métriques⭐⭐☆☆☆

Conclusion

Dix ans après l’introduction de Windows as a Service, le modèle des mises à jour continues montre clairement ses limites. Malgré des progrès indéniables — meilleure télémétrie, communication plus transparente, correctifs plus rapides — les utilisateurs sont toujours confrontés à des régressions régulières, parfois sévères, touchant des éléments essentiels du système. Si certaines statistiques internes permettent à Microsoft d’affirmer que Windows 11 24H2 serait la version la plus fiable à ce jour, la réalité vécue par les particuliers et les entreprises reste celle d’un écosystème fragile, où chaque mise à jour peut potentiellement introduire un nouveau dysfonctionnement.

L’analyse historique démontre une tendance nette : les incidents ne sont pas forcément plus nombreux qu’au début de Windows 10, mais ils sont plus critiques, plus visibles et affectent des composants fondamentaux comme l’interface, le réseau, la sécurité ou les performances GPU. La tolérance des utilisateurs diminue à mesure que le système gagne en complexité, tandis que le rythme soutenu des patchs laisse peu de marge à des tests réellement exhaustifs.

Cette situation paradoxale — des outils plus modernes mais un environnement de plus en plus difficile à maîtriser — fait que la stabilité promise par Microsoft reste encore hors de portée. Tant que Windows reposera sur un parc matériel aussi vaste et hétérogène, et sur des cycles de développement aussi rapides, les mises à jour continueront d’être un exercice d’équilibriste.

En définitive, si Windows Update est aujourd’hui mieux encadré et mieux documenté qu’à ses débuts, il demeure aussi plus risqué que jamais. Un modèle en constante évolution, où les avancées réelles coexistent avec des faiblesses structurelles que Microsoft n’a pas encore réussi à éliminer.

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ESU Windows : comment continuer à recevoir des mises à jour de sécurité après la fin de support

Lorsque Microsoft met fin au support d’une version de Windows, cela signifie que le système ne recevra plus de mises à jour de sécurité, exposant les utilisateurs à de potentielles vulnérabilités. Pour répondre à cette problématique, Microsoft propose un programme appelé ESU (Extended Security Updates), ou mises à jour de sécurité étendues.

Ce dispositif permet de prolonger la durée de vie d’un système d’exploitation au-delà de sa fin de support officielle, en continuant à livrer des correctifs critiques, sous certaines conditions. Il est particulièrement utile pour les entreprises, les organisations, ou les particuliers qui ne peuvent pas migrer immédiatement vers une version plus récente de Windows.

Dans cet article, nous vous expliquons ce que sont les ESU, à quoi elles servent, qui peut en bénéficier, dans quels cas elles sont gratuites ou payantes, et comment les activer si vous utilisez encore Windows 10 après 2025.

Qu’est-ce que les mises à jour de sécurité étendues (ESU) de Microsoft ?

Lorsqu’un système d’exploitation Microsoft arrive en fin de support, il ne reçoit plus de mises à jour, ce qui expose ses utilisateurs à des vulnérabilités non corrigées. Pour pallier cette situation, Microsoft propose un programme appelé ESU – Extended Security Updates (mises à jour de sécurité étendues).

Ce programme permet aux utilisateurs et aux entreprises de continuer à recevoir des correctifs de sécurité critiques pendant une période définie après la fin du support officiel, tout en leur laissant plus de temps pour préparer une migration vers une version plus récente de Windows.

La page de Microsoft : https://learn.microsoft.com/fr-fr/windows/whats-new/extended-security-updates

Pourquoi les ESU existent-ils ?

Dans les faits, des millions de machines continuent d’utiliser des versions de Windows qui ne sont plus supportées officiellement (comme ce fut le cas pour Windows 7, puis bientôt Windows 10). Or, ces systèmes restent souvent connectés à Internet et donc vulnérables à des attaques si aucune mise à jour de sécurité n’est appliquée.

Les ESU sont donc un compromis proposé par Microsoft pour :

  • prolonger la durée de vie de l’OS, de façon sécurisée,
  • donner plus de temps aux entreprises pour migrer (équipements critiques, logiciels non compatibles, etc.),
  • éviter une vague massive de machines non protégées, notamment dans les infrastructures sensibles (éducation, santé, collectivités).

Que couvrent les ESU ?

Les mises à jour ESU se concentrent uniquement sur les mises à jour de sécurité critiques et importantes, selon la classification CVSS de Microsoft. Elles ne contiennent :

  • aucune nouvelle fonctionnalité,
  • aucune mise à jour esthétique ou ergonomique,
  • et aucune évolution des composants système non critiques.

Elles corrigent toutefois les failles de sécurité graves, notamment :

  • les vulnérabilités de type exécution de code à distance (RCE),
  • les failles d’escalade de privilèges,
  • ou les attaques réseau exploitables à distance.

Conditions et éligibilité à l’ESU

Versions compatibles

Pour pouvoir s’inscrire au programme Extended Security Updates (ESU) de Windows 10, votre appareil doit respecter certaines conditions de version :

  • Il doit être sous Windows 10 version 22H2 (Home, Pro, Pro Éducation, ou Workstation) ou une version plus récente.
  • Le support standard de Windows 10 prend fin le 14 octobre 2025. Après cette date, seules les machines correctement inscrites au programme ESU continueront à recevoir les mises à jour de sécurité pertinentes.
  • Pour les environnements professionnels (Enterprise, Education), l’ESU peut être prolongé jusqu’à octobre 2028 via licences en volume.

Conditions requises

Outre la version, d’autres prérequis techniques et administratifs sont à respecter :

  • Le système doit être activé et sous licence valide.
  • L’appareil doit avoir les dernières mises à jour cumulatives installées – notamment les correctifs pré-ESU requis.
  • L’utilisateur doit disposer de droits administrateur sur l’appareil.
  • Pour les utilisateurs « consommateurs » (non entreprise) il faut être connecté avec un compte Microsoft (MSA). Certaines zones géographiques proposent une inscription gratuite sous certaines conditions (ex : EEE) selon l’offre locale
  • L’appareil doit être capable de communiquer avec les services de Microsoft pour l’activation, la validation et les mises à jour : l’accès à certains endpoints est obligatoire.

Cas d’exclusion

Certains appareils ou scénarios sont non éligibles ou nécessitent un traitement spécifique :

  • Les appareils en mode kiosque ou liés à un domaine Active Directory ou à un gestionnaire MDM peuvent ne pas pouvoir s’inscrire via l’offre grand public.
  • Les versions de Windows 10 antérieures à la 22H2 ne sont pas éligibles à l’ESU grand public.
  • Le programme ESU ne couvre que les mises à jour de sécurité (catégories Critique / Importante) : il n’inclut pas les nouvelles fonctionnalités ou les correctifs non-sécurité.

Tarification et particularités géographiques

  • Pour les utilisateurs non-professionnels, l’accès à l’ESU peut être gratuit en échange de certaines conditions (compte Microsoft, échange de points…) ou payant (ex : 30 $) selon les régions.
  • Dans la zone de l’Espace économique européen (EEE), Microsoft a annoncé que l’ESU grand public serait gratuit pour une période d’au moins un an, sans obligation de sauvegarde dans le cloud

La page de Microsoft : https://learn.microsoft.com/fr-fr/windows/whats-new/enable-extended-security-updates

Quelles versions de Windows ont été concernées par l’ESU ?

Voici les systèmes qui ont bénéficié (ou vont bénéficier) du programme ESU :

Version de WindowsFin de support officielleESU disponible ?Durée supplémentaire
Windows 701/01/20Oui (payant)Jusqu’en janvier 2023
Windows Server 2008 / R201/01/20Oui (payant)Jusqu’en janvier 2023
Windows 1001/10/25Oui (gratuit via Microsoft 365 pour particuliers, payant pour entreprises)Jusqu’en octobre 2028

Comment s’inscrire aux mises à jour de sécurité étendues (ESU)

Une fois que vous avez vérifié que votre appareil est éligible au programme ESU, vous pouvez passer à l’étape suivante : l’inscription et l’activation des mises à jour de sécurité étendues.

Windows 10 propose plusieurs méthodes selon votre profil :

  • via Windows Update, la méthode la plus simple pour les particuliers ;
  • avec un compte Microsoft 365 Personnel ou Famille ;
  • ou, pour les entreprises, par clé MAK ou déploiement via Intune.

👉 Voici un guide détaillé vous explique pas à pas comment procéder à l’inscription et corriger les erreurs d’enrôlement ESU : Windows 10 : s’inscrire aux mises à jour de sécurité étendues (ESU) et corriger les erreurs d’inscription

Windows 10 : s’inscrire aux mises à jour de sécurité étendues (ESU) et corriger les erreurs d’inscription

Que se passe-t-il si je ne prends pas l’ESU ?

Si vous continuez d’utiliser un système sans ESU après sa fin de support :

  • Vous ne recevrez plus aucune mise à jour de sécurité,
  • Vous serez plus exposé aux attaques (exploitations de failles connues),
  • Certaines applications (navigateurs, outils bancaires, logiciels tiers) refuseront progressivement de s’exécuter sur une version obsolète de Windows.

FAQ – Mises à jour de sécurité prolongées pour Windows 10 (ESU)

Que sont les mises à jour de sécurité étendues (ESU) ?

Les ESU permettent de continuer à recevoir des correctifs de sécurité critiques même après la fin de support officielle du système. Ce programme a déjà été utilisé pour Windows 7.

Les mises à jour ESU sont-elles gratuites ?

Oui, pour les particuliers : les utilisateurs de Windows 10 ayant un abonnement Microsoft 365 Personnel ou Famille recevront gratuitement les mises à jour de sécurité ESU jusqu’en octobre 2028.
En revanche, les entreprises devront payer un abonnement annuel ESU.

Je suis une entreprise : comment obtenir les mises à jour après 2025 ?

Les entreprises devront souscrire aux ESU via Microsoft Volume Licensing ou une gestion de parc via Intune ou Windows Autopatch. Le tarif n’a pas encore été officiellement communiqué, mais il devrait être progressif (plus élevé chaque année).

Faut-il réinstaller ou faire une manipulation pour activer les ESU ?

Non. Pour les particuliers avec Microsoft 365, les mises à jour continueront via Windows Update, à condition d’être connecté à un compte Microsoft valide. Aucune manipulation complexe n’est nécessaire.

Fin de support de Windows 10 et ESU (Extened Security Updates)

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